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Lettre de Juin 1998
Juin
lundi 1er juin 1998
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LA LETTRE DE JUIN 98
No : 32
Sommaire :
- Editorial : Le ciel privatisé ! (2) (en ligne)
- Mission CSDPTT au Burkina. (en ligne)
- Bientôt un site Internet pour CSDPTT.
- Réseau cellulaire en Guinée.
- Succès pour Africa Telecom 98 à Johannesbourg.
- Ambitieuse Afrique du Sud
- Telecel International a créé 10 emplois... En Belgique
- Grandes manoeuvres dans les systèmes mondiaux de satellites
- Les USA veulent la privatisation d’INTELSAT et d’INMARSAT (en
ligne)
- En bref : Plusieurs millions d’américains ont été privés de
leur
"pagers ", Le ministre des télécommunications
congolais (ex-Zaïre) à la
recherche d’un opérateur, Libéralisation =
création d’emplois ? USA -
Italie, 4 opérateurs de mobiles à Madagascar pour
seulement 5000
abonnés, les radioastronomes craignent que les
émissions des
satellites d’Iridium ne viennent parasiter
l’observation des nuages
d’étoiles, prévisions d’Alcatel, réforme des PTT
au Tchad, Seychelles.
- Sites Internet
- A lire La Françafrique, le plus grand scandale de la
République
François Xavier Verschave (Stock)
- Editorial : Le ciel privatisé ! (2)
Le forcing des Etats-Unis et celui des opérateurs
américains par
satellites qui ont rencontré quelques difficulté à
pénétrer les pays
non occidentaux, afin d’obtenir la privatisation des
organisations
INTELSAT et INMARSAT semblent porter leur fruit. Il y a
tant d’argent
à gagner grâce à l’explosion des
télécommunications ! Ces deux
organisations qui offrent un service public et dont le
fonctionnement
est basé sur la coopération y font obstacle.
Le poids des pays du Tiers Monde, présents dans INMARSAT
et INTELSAT,
est trop faible pour espérer faire obstacles au processus
engagé.
L’Europe pourrait s’y opposer mais elle s’engage sur la
même voie avec
la privatisation d’EUTELSAT.
En Afrique, où nombre de communications entre les pays
passent souvent
par l’Europe, ce qui empêche une forte diminution des
prix, l’espoir
réside dans le projet RASCOM. Cette organisation rassemble
la plupart
des pays du continent. Elle projette de lancer son propre
satellite.
Mais les gros opérateurs investissant dans les projets de
réseaux
mondiaux par satellite qui pénètrent petit à petit les
opérateurs
africains nationaux en y achetant des parts de capital
vont-ils jouer
le jeu ? Ne faut-il pas craindre qu’en sous-main ils
tentent de
saboter ce projet pour livrer les pays du continent à
l’appétit féroce
des promoteurs de ces consortiums bien plus puissants que
les Etats
qui cherchent les débouchés dans les réseaux mondiaux
par satellites
et qui comptent bien s’imposer partout de gré ou de force
?
Bruno Jaffré
- Mission CSDPTT au Burkina.
La préparation du projet d’installation de TERA (terminaux
d’équipement radioélectrique d’abonnés) s’est poursuivie
activement
depuis le passage de M. Nyamba en mars (Voir Lettre de
CSDPTT N°29 et
ce numéro page 4). C’est ainsi qu’il a pu avoir plusieurs
séances de
travail avec les responsables de la production à l’ONATEL.
Afin de
finaliser le projet et régler les derniers problèmes nous
avons donc
décider d’envoyer Alain B. de CSDPTT Nice sur place.
Sa mission, du 10 juin au 3 juillet, consiste donc
essentiellement à
résoudre les derniers problèmes techniques, à finaliser
un accord sur
la répartition des interventions des différents
partenaires sous forme
de cahier des charges et enfin, à se rendre sur les lieux
pour repérer
les terrain et aller à la rencontre des populations. Par
ailleurs une
demande de subvention a été déposée au ministère de la
coopération.
En outre Alain doit rencontrer le nouveau directeur
général de la
SONAPOST afin de rediscuter des modalités de
l’intervention de CSDPTT,
et les responsables de la MUTAPOST, nos
correspondants afin
d’approfondir nos toutes nouvelles relations d’amitié.
Alain doit aussi rencontrer deux importantes ONG, Peuples
Solidaires
et Afrique Verte afin d’étudier la possibilité de
nouveaux
partenariats dans l’éventualité de projets plus
importants en
direction des populations rurales.
Enfin Alain s’enquerra des dernières nouvelles concernant
l’extension
du réseau dans la région d’Orodara afin de satisfaire la
demande de
nos amis de Sérékéni de bénéficier du téléphone.
Nous avions en effet
initialisé un projet dans ce village que nous avons
abandonné lorsque
l’ONATEL nous a informés de l’existence d’un projet dans
la région.
Les premières nouvelles que nous avons eues sont tout à
fait
satisfaisantes. Alain nous a en effet informés de
l’accueil
chaleureux qu’il a reçu de la part des responsables de
l’ONATEL et de
leur engagement dans la préparation de ce projet.
Les USA veulent la privatisation d’INTELSAT et d’INMARSAT
Le Conseil d’INMARSAT a décidé la privatisation de cette
organisation
internationale des télécommunications maritimes pour le 1
janvier
1999.
INMARSAT, qui a fêté son 1000 millième abonné début
décembre, a été
créée en 1979 pour offrir des communications par
satellites à
l’industrie maritime. C’est une coopérative des quelque 79
Etats
membres. Son conseil est composé des représentants des 18
pays
possédant les parts les plus importantes et de quelques
représentants
de pays en développement. Comsat, la compagnie américaine
en détient
par exemple 23% et British Telecom 8%. Cette société rend
de nombreux
services aux pays en développement et fait parler d’elle
lors des
courses à la voile.
Quant à INTELSAT, c’est actuellement le plus gros
opérateur
international par satellites. Crée en 1962, l’organisation
compte
aujourd’hui 142 pays membres. Ses 24 satellites
transportent 50% de
tout le trafic téléphonique international et la quasi
totalité des
signaux de télévision transocéaniques. Sous prétexte
que cela
bénéficierait aux clients américains, le Congrès, sous
la pression
d’opérateurs de satellites toujours américains,
s’apprête à adopter
des textes proposant la privatisation d’INTELSAT. Ces
textes
contiennent des clauses qui imposent des restrictions à
l’accès du
marché américain pour les pays qui n’ouvrent pas leur
marché et
s’opposent à la privatisation.
Le Porte-parole d’INTELSAT a déclaré qu’une telle
attitude donnait une
mauvaise image des Etats-Unis et que cela pouvait porter
atteinte aux
intérêts américains de l’autre côté de l’Atlantique.
Il semble en
effet qu’en Europe on soit moins favorable à ces
privatisations.
L’Europe n’est pourtant pas en reste puisqu’EUTELSAT a
engagé un
processus de privatisation.
Quant aux pays en développement, ils sont opposés à
cette
privatisation, car ils craignent que qu’INMARSAT et
INTELSAT
abandonnent les services qu’ils leur offrent, alors que ces
pays en
sont très dépendants contrairement aux Etats-Unis, au
profit
d’activités plus lucratives.