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Lettre de Mai 1998
Mai
vendredi 1er mai 1998
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La Lettre de MAI 1998
No : 31
Editorial : Synergie (en ligne)
- CSDPTT adhère au CCOBF (Comité de coordiantion des OSI pour
le
Burkina Faso) (en ligne)
- Privatisation prochaine en Arabie Saoudite.
- Mouvement de personnel à la SONATEL (en ligne).
- Les USA trouvent qu’ils versent trop au PVD ! (en ligne)
- Mali : La privatisation de la SOTELMA en débat (en ligne)
- Dérégulation en Mauritanie
- En bref Globalstar, Conférence de l’UIT, grève du personnel
des
télécoms au Niger, fusoin aux USA, INTELSAT et la
téléphonie rurale
- Article : Des radios à l’Internet : le rôle des technologies
de
l’information en tant qu’outils de transparence et de
décentralisation
du savoir de Baba Pascal Couloubaly et renvoyer à
l’adresse de
l’article sur anaïs.org
Editorial : Synergie
Voilà de nombreuses années que CSDPTT entretient des relations
avec le
Burkina Faso. Plusieurs adhérents y ont séjourné. Des amitiés
sont nés
des projets, ont été initialisés et réalisés ou abandonnés
selon les
cas.
Il nous apparaît nécessaire de bénéficier d’autres
expériences et nous
aimerions aussi partager la nôtre. C’est pourquoi, nous avons
décidé
d’intégrer le CCOBF et nous espérons beaucoup de cette
adhésion.
Nous souhaitons aller à la découverte d’autres partenaires
notamment
parmi les populations et nous comptons sur le CCOBF (Comité de
Concertation des OSI pour le Burkina Faso), qui rassemble des
associations de solidarité internationale d’origines diverses
ayant
des partenaires burkinabé tout aussi divers, pour nous y aider.
Car si
nous comptons développer notre partenariat avec la SONAPOST et
l’ONATEL, approfondir nos relations d’amitié avec le personnel
de ces
deux sociétés, nous souhaitons à chacun de nos projets
associer un
autre partenaire burkinabé de la société civile.
Enfin, nous souhaitons participer aussi à des projets plus
importants,
que nous ne pourrions seuls prendre en charge, et y apporter
notre
compétence professionnelle, ce qu’aucune autre association ne
pourrait
offrir.
Nous allons proposer notre collaboration au groupe de travail
«
structuration du monde rural » dont la finalité est « la mise
en place
de pôles villageois d’information » afin de favoriser la
circulation
de l’information. L’objectif affiché de favoriser une meilleure
reconnaissance des organisations villageoises nous paraît en
effet
tout à fait motivant.
Bruno Jaffré
- CSDPTT adhère au CCOBF (Comité de
coordiantion des OSI pour le
Burkina Faso) (en ligne)
Thierry L. membre de notre CA avait assisté à une journée sur
la
coopération décentralisée à l’ambassade du Burkina Faso.
Joël P.,
notre trésorier a participé à la dernière réunion du Comité
de
Coordination des OSI pour le Burkina Faso. Après le compte rendu
qu’il
nous en a fait lors de la dernière réunion du Conseil
d’Administration
de CSDPTT, nous avons décidé d’intégrer ce comité, une
démarche qui
nous a semblé toute naturelle comme allant de soi.
Qu’est-ce que le CCOBF ? A l’issue d’une commission mixte
franco-burkinabé en 1993, le ministère de la coopération
engageait de
nouvelles procédures de financement dont le Programme
Prioritaire. Il
s’agit d’améliorer la cohérence, la coordination et la
connaissance
réciproque entre les différents acteurs engagés au Burkina
Faso (ONG,
Coopération décentralisée des collectivités locales, Pouvoir
public).
Celui a été défini pour 2 ans en 1996 et mis en place par une
quinzaine d’ONG. Il comprend 5 volets : Education, Santé,
Structuration du monde rural, Artisanat/PME et
animation/Education au
développe-ment. Il permet aux associations rentrant dans le
dispositif
d’obtenir des financements.
Ces associations ont décidé de créer le CCOBF afin d’ouvrir le
dispositif à d’autres associations. C’est ainsi qu’à la
réunion du 13
mars 1998 à laquelle participait CSDPTT, 90 personnes étaient
présentes représentant 55 associations. Le CCOBF s’est fixé
comme rôle
de capitaliser les expériences, d’organiser la concertation et
de
faire circuler l’information. Autant d’objectifs qui nous
semblent
répondre aux attentes de CSDPTT.
De plus CSDPTT rassemble des professionnels de la communication
au
sens technique du terme, techniciens des télécoms,
informaticien,
professionnels de la gestion du courrier postal. Aussi,
avons-nous en
outre décidé d’offrir notre collaboration au groupe
structuration du
monde rural qui rassemble les ONG (=OSI) Terre des Hommes,
Vétérinaires Sans Frontières/SOLAGRAL et Peuples Solidaires.
Ce groupe
nous semble s’approcher le plus de notre activité
professionnelle et
technique. De plus nous ne pouvons que souscrire à l’objectif
annoncé
qui consiste à améliorer le fonctionnement des organisations
villageoises et ainsi aller vers une meilleure reconnaissance de
leur
place au sein de la société. Nous espérons apporter à ce
groupe une
réflexion nouvelle sur les supports techniques éventuels à la
communication tandis que nous espérons apprendre beaucoup sur
les
besoins en communication des populations villageoises, sur
l’utilisation du téléphone ou de la Poste.
Ainsi outre de l’adhésion au CCOBF, le Conseil d’administration
a
décidé de prendre rapidement contact avec ce groupe de travail.
- Mouvement de personnel à la SONATEL .
L’intersyndicale de la SONATEL, a dénoncé, dans un communiqué
début
avril, les mesures de revalorisation en faveur des Directeurs et
chefs
de département affirmant que « ces mesures ont creusé les
écarts des
rémunérations comme jamais auparavant. La Direction Générale
distribue
des récompenses à tour de bras à ses inconditionnels ».
L’intersyndicale soupçonne la direction de vouloir mettre en
quarantaine l’encadrement des syndicats, de rompre leur unité.
Elle
accuse France Télécom de refuser que le porte-parole des
travailleurs
siège au Conseil d’Administration et dénonce des « attitudes
lepenistes insultantes ».
Il semble que la direction souhaite organiser de nouvelles
élections
pour élire le représentant au Conseil d’Administration selon
des
modalités que l’Intersyndicale dénonce. La direction voudrait
que le
représentant des travailleurs soit considéré comme le
représentant des
salariés actionnaires et voudrait intervenir dans la
distribution des
10% des actions prévues pour le personnel. Alors que
l’Intersyndicale
souhaite voir siéger le secrétaire général du syndicat.
L’Intersyndicale a donc appeler à boycotter le lancement du
Projet
d’Entreprise, le 18 avril et à bloquer la distribution des
factures
tout en lançant un appel à des négociations rapides.
Le 21 avril, une manifestation s’est déroulée dans la rue alors
que se
réunissait le conseil d’administration sous l’oil vigilant des
forces
de l’ordre. Ils ont rappelé leur revendication concernant leur
représentation au Conseil d’Administration. Ils ont par ailleurs
réclamé l’augmentation des primes et à la révision des
écarts dans les
traitements du personnel. Les syndicalistes ont alors déclaré
que «
certains directeurs ont obtenu des augmentations démesurées de
quelque
100000FCFA en espèces et des avantages en nature alors que les
employés de la nouvelle société n’ont pas eu plus de 15000 CFA
d’augmentation pour les mieux lotis ».
L’intersyndicale avait précisé ses revendications la veille le
20
avril : revalorisation des primes de logement, de risque et
de
sujétion, déplafonnement de 25% de la croissance de la
production,
rachat des dettes, un prêt habitat complémentaire au celui
existant
pour les travailleurs, retraite à 60 ans.
Mali : La privatisation de la SOTELMA en débat.
Après la décision prise en mars en conseil des ministres
d’aller vers
la privatisation de la SOTELMA, et d’EDM (Electricité du Mali)
la
presse se fait l’écho des réactions et débat que ces
décisions
suscitent.
Le cas de ces deux sociétés est cependant bien différent. Le
gouvernement avait confié par délégation la gestion d’EDM à
l’EDF qui
n’a pu redresser la situation. Le gouvernement à donc dû
dénoncer le
contrat et remercier EDF pour sa gestion par délégation suite
à la
grogne suscitée par le personnel.
La situation de la SOTELMA est tout autre. Dans une interview
accordée
à son PDG M. Tiémoko Maïga du journal l’indépendant daté du
7 mai 1998
(on peut la consulter intégralement sur
http://www.cyber4.com/baobab.htm),
celui-ci s’exprime sur ce projet :
« La privatisation n`est pas une panacée même si elle se
révèle
incontournable dans un contexte de mondialisation accrue », ce
qui ne
reflète guère un grand enthousiasme. Il reconnaît d’ailleurs
que la
décision résulte d’une « volonté politique » et que « toute
décision
de restructuration doit être volontariste ». L’essentiel des
raisons
invoquées par le gouvernement concerne la nécessité de compter
sur les
nouvelles technologies et donc de solliciter de l’argent frais
par
l’intermédiaire d’investisseurs privés.
Le PDG déclare en outre avoir dégagé en 1997 34,6 milliards de
FCFA de
produits et un bénéficie de 15 milliards. Il ajoute en outre
que les
objectifs du plan 1996-1998 ont été atteints voire dépassés
dans
certains domaines notamment grâce à des réalisations non
inscrites
dans le contrat plan : introduction d’Internet, numérisation de
certains axex, subvention de 5 milliards à l’Office des radios
et
télévisions du Mali qui a permis de mettre en place 12 stations
satellites et deux autres sur faisceaux hertziens.
Les travailleurs ont exigé des garanties et ont signé un
protocole
d’accord avec la direction obtenant le report d’un Conseil
d’administration pour les obtenir.
Le Conseil s’est finalement réuni le 7 mai et a adopté une
recommandation à l’intention du gouvernement fixant un certain
nombre
de préalables : séparation des fonctions d’exploitation et de
réglementation, mise en place d’un organisme de régulation,
adoption
d’une loi portant sur la réglementation des télécommunications
ainsi
que sur l’évolution de la société pour déterminer les
objectifs visés
à travers la privatisation.