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Lettre de février 1998
Février
dimanche 1er février 1998
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La Lettre de FEVRIER 1998
No : 28
- Editorial (en ligne)
- AG DE CSDPTT (en ligne)
- Nouveau regroupement d’associations maliennes en France.
- Grève à CI-Telcom.(en ligne)
- Difficultés pour Iridium.
- Licence GSM au Botswana pour France Télécom.
- Afrique du Sud : le partenaire américain SBC n’aime pas la
concurrence.
- Brèves : Mali, Ile Maurice.
- Réforme du ministère de la coopération
- La coopération décentralisée dans la région de Kayes.
(extrait d’un rapport de M. Naïr présenté au
gouvernement
- Vers quelle évolution pour les réseaux de
télécommunications :
unicité ou diversité ?
Quid de l’adéquation entre les Besoins des clients en
matière de
télécommunications (article en ligne)
Editorial : Rien ne sera plus comme
avant !
Pendant près d’une semaine les travailleurs de CI-Telcom se sont
mis
en grève dans un conflit particulièrement dur.
En réalité se dessine en toile de fonds une révolte contre les
inégalités salariales particulièrement importantes entre les
cadres
locaux et les expatriés. Dans un passé assez proche cette
pratique
était générale sous l’égide de la coopération. Mais alors,
les pays
de la Françafrique vivaient pour la plupart d’entre eux sous le
régime
du parti unique et le syndicat unique contrôlé par le pouvoir
veillait.
Les anciens coopérants ont aujourd’hui pris l’étiquette de
cadres
expatriés. Leur mission a évolué. Ils n’ont plus pour objectif
de
maintenir un service strictement minium pour l’Etat et d’assurer
les
communications internationales mais de faire de l’argent.
Généralement
moins complexés que leur prédécesseurs, ils n’hésitent pas à
exiger en
contre partie de substantielles compensations financières.
Mais, démocratie aidant, le droit de grève existe aujourd’hui
et le
syndicat unique a effectué sa mutation. Une agressivité envers
la
France reste latente du fait de sa politique passée qui ne
demande
qu’à s’exprimer même si elle n’est pas toujours dénuée
d’intérêts.
C’est ce que nous enseigne cette récente grève.
Aujourd’hui, il n’y a pas d’échappatoire. Pour remonter la
pente, il
faut réaliser ce qui a été promis au moment de la
privatisation et
développer rapidement le réseau.
La rédaction
AG de CSDPTT.
L’assemblée générale de CSDPTT s’est tenue vendredi 6 février
en
soirée. Des adhérents de Nice et de Toulouse qui avaient fait
le
déplacement ont confirmé le regain de dynamisme constaté cette
année.
Ce fut aussi l’occasion de faire plus amplement
connaissance. Un
souffle semble avoir traversé la réunion.
Les dépenses (essentiellement frais d’invitation de Mme Fofana
chef de
centre en Guinée et don à la poste burkinabé) ont légèrement
dépassé
les recettes (abonnements, cotisations et vente d’artisanat).
Ceci
confirme le regain d’activité, la quasi totalité des dépenses
étant
consacrée aux projets.
De nouvelles perspectives de récupération de matériel de
téléphonie
rurale s’offrent à Nice tandis qu’à Toulouse l’activité de 97
a incité
plusieurs adhérents à travailler localement sur un projet
précis et à
mettre en avant les compétences techniques pour développer les
relations avec nos partenaires.
Priorité sera donnée au projet d’installation de téléphones
ruraux
collectifs dans des villages de la région de Toma au Burkina
sans
perdre de vue les liens établis avec la poste de Yélémané au
Mali.
CSDPTT fera de nouvelles interventions auprès des différentes
autorités compétentes afin que le village de Sérékéni au
Burkina soit
enfin muni du téléphone.
Après discussion, il a été décidé que la somme versée à la
poste
burkinabé, initialement destinée à l’achat de bicyclettes,
permette
l’achat de boites postales compte tenu du changement dans la
gestion
des courriers cyclistes. De plus, à la suite du voyage de
Thierry,
l’AG a accepté l’offre de la MUTAPOST burkinabé, d’être le
correspondant officiel de CSDPTT au Burkina pour les projets
relatifs
à la Poste. Il lui sera donc officiellement confié la
responsabilité
de choisir les destinations des boîtes postales financées par
CSDPTT
et de collaborer avec nous pour la mise en place d’un nouveau
projet
concernant la poste.
Enfin, le Conseil d’Administration a été considérablement
renouvelé
pour prendre en compte la part croissante de la province dans la
vie
de l’association.
- Grève à CI-Telcom.
Une importante grève a affecté la société des télécoms de
Côte
d’Ivoire, CI-Télécom pendant près d’une semaine du 28 janvier
au 5
février. Contrairement à ce qui se passe en France en cas de
conflit
social les communications téléphoniques étaient
pratiquement coupées
aussi bien à l’intérieur que vers
l’extérieure.
A l’appel de leur syndicat le SYNAPOSTEL, les 3243 travailleurs
de
l’entreprise entendaient ainsi réclamer des augmentations de
salaires
de 51% pour les cadres et de 61% pour les agents, ainsi que le
relèvement des primes de transport et des primes de logement. La
direction proposait quant à elle des augmentations de 22% pour
les
ouvriers, 17% pour les employés et 12% pour la maîtrise et les
cadres.
En réalité, le conflit est latent depuis la prise de fonction
de la
nouvelle direction mise en place à la suite de l’achat de 51% du
capital par France Câbles et Radio filiale à 100% de France
Télécom.
Une première grève avait affecté la CI-Telcom en août dernier
pour
demander le respect du droit syndical, le maintien de la date du
15
pour le paiement des salaires et le maintien dans sa forme de la
prime
de rendement que la direction voulait réformer unilatéralement.
Les
discussions étaient depuis engagées mais une nouvelle grève
avait
affecté les services les 11 et 12 décembre.
Le mécontentement prend sa source dans la différence de
traitements
des expatriés arrivés depuis la privatisation au nombre de 14
et celui
du personnel ivoirien. Au cours d’une conférence de presse, le
secrétaire général du SYNAPOSTEL, M. Ouphouët Kouadio s’est
appuyé sur
les avantages et salaires des expatriés pour justifier les
revendications du personnel local. « La moyenne de la prime de
logement avoisine 800 mille francs CFA, sans oublier les
incroyables
avances sur salaire qu’ils se distribuent chaque fois que cela
sur
sied. Ainsi, le 22 octobre le DG a encaissé 1550000 FCFA et les
autres
de 4 à 13726300FCFA » a-t-il déclaré ajoutant que leur prime
de
logement atteint 800000 FCFA contre 250000 FCFA pour les cadres
ivoiriens. Il a en outre profité de cette conférence de presse
pour se
plaindre de l’autofinancement des infrastructures de Côte
d’Ivoire
Télécom alors que FCR avait promis d’injecter 260 milliards
dans leur
réhabilitation.
Selon la direction, les salaires avant la grève étaient de
227000 FCFA
pour les ouvriers, 308000 pour les employés, 525000 pour la
maîtrise
et 850000 pour les cadres. Les expatriés au nombre de 14 ne
représentent que 0,43% des effectifs mais absorbent 3,4% du
budget «
salaires et appointements ».
Finalement au terme d’une négociation ou le SYNAPOSTEL s’est
retrouvé
en face du ministre de l’emploi, du secrétaire général du
conseil
national de Sécurité, un général de l’armée, et de la
direction de
CI-Telcom, la direction du syndicat a accepté d’appeler à la
reprise
du travail. Les augmentations obtenues sont finalement de 25%
pour les
ouvriers, 20% pour les employés, 15% pour les cadres et agents
de
maîtrise. Les indemnités de transport passent de 15000 FCFA à
18000
pour les employés à Abidjan et de 10000 à 14000 pour ceux de
l’intérieur du pays.
Le quotidien du principal parti de l’opposition ivoirienne, La
Voie,
est longuement revenue récemment sur la procédure de
privatisation de
la CI-TELCOM en citant notamment un lettre en provenance d’ATT,
le
géant américain. Celui-ci s’était allié à des ivoiriens au
sein du
consortium intitulé Africa Bell lors du lancement de l’appel
d’offre à
la fin de l’année 1996. Dans cette lettre longuement citée par
le
quotidien, écrite par M. Freeman, directeur des programmes
internationaux d’ATT en Afrique sub-saharienne, à l’intention
d’un
conseiller de l’ambassadeur américaine en Côte d’Ivoire, le
dirigeant
du géant américain des télécoms se plaint des «
irrégularités » et
affirme que « la compétition a été tronquée ». Nous n’allons
bien sûr
pas ici prendre la défense d’ATT qui ne doit pas être à une
irrégularité près mais nous livrons cette information pour
tenter de
comprendre le climat social difficile dans lequel se trouve
CI-Telcom
depuis la prise de participation de 51% du capital par France
Télécom.
Vers quelle évolution pour les réseaux de télécommunications
: unicité
ou diversité ?
Quid de l’adéquation entre les Besoins des clients en matière
de
télécommunications_
Deux tendances au niveau des besoins de la clientèle des
télécommunications se profilent : d’une part, la nécessité de
transférer de plus en plus rapidement, moyennant une
sécurisation de
plus en plus forte, une masse de données de plus en plus
importante,
d’autre part, la volonté de pouvoir être de plus en plus mobile
avec
son téléphone.
Ces deux aspects structureront certainement le paysage des
télécommunications de demain, et les opérateurs devront donc
pouvoir
offrir des réseaux et services " à large bande "
d’une part, et c’est
toute la problématique des fameuses " autoroutes de
l’information ",
basée sur les concepts techniques de l’ATM, mode de transfer
asynchrone, et de la Hiérarchie Numérique Synchrone SDH, et
d’autre
part, une plus grande mobilité.
Mais, attention, quand on souligne le désir des " usagers
" d’accéder
à une plus grande mobilité, il ne faut pas pour autant en
déduire "
désir de mobilité totale ". En effet, si le commun des
mortels
apprécierait aujourd’hui de disposer de plus de mobilité
télécommunicationnelle, il n’est pas pour autant prêt à se
lancer dans
l’achat d’un appareil de télécommunication " mobile pur
" qui lui
induira un deuxième abonnement (car il n’est pas prêt non plus
à se
défaire de son abonnement " au téléphone fixe ". Par
contre, il pourra
être particulièrement intéressé par " prolonger son
abonnement fixe "
par l’ajout d’une certaine dose de " mobilité " grâce
à un système
mixte de type POINTEL par exemple.
Besoins des clients " lembda " et impératifs des
opérateurs "
historiques " vont donc d’une certaine manière dans le
même sens. En
effet, vue la croissance considérable du trafic sur les mobiles,
les
opérateurs tels FRANCE TELECOM ayant investi de lourdes sommes
dans la
construction d’un réseau fixe de téléphone ont tout intérêt
à
prolonger son utilisation, en lui octroyant des fonctionnalités
complémentaires, comme une " certaine mobilité ".
Au niveau des mobiles, le problème de la congestion chronique du
spectre, les taux élevés de blocage et les capacités très
limités des
anciens systèmes de radio-téléphonie, ont induit le
développement de
systèmes cellulaires permettant la réutilisation des
fréquences. Mais,
la prolifération de systèmes différents peut se révéler, à
la longue,
fort difficile à gérer.
Aussi, l’élaboration de systèmes, aux normes compatibles (à
l’échelle
minimale de l’Europe) est absolument essentielle. L’action de
l’European Telecommunications System Institute, sera, par exemple
tout
à fait fondamentale.
Les évolutions technico-économico-réglementaires à l’ouvre
dans le
secteur des télécoms ?
Une imbrication de plus en plus étroite existe entre les mondes
des
télécommunications, de l’informatique et de l’audiovisuel. Des
réseaux
plus ou moins étendus de vidéocommunications par câble ont
été
installés dans les pays développés. On les appelle
fréquemment les "
réseaux câblés ". Ils reposent sur des technologies dites
" 0G "
c’est-à-dire utilisant des câbles coaxiaux de cuivre ou des
technologies dites " 1G " basées sur les fibres
optiques . Ils ont
conduit à mettre en place, à côté de chaînes généralistes
visant un
public de masse, une télévision plus diversifiée. Aujourd’hui,
ces
réseaux câblés vont de plus être concurrencés par
l’avènement de la "
télévision numérique " offrant des " bouquets de
chaînes ". De plus,
ceux qui ne reposent pas sur de la fibre optique ne peuvent, sans
investissements importants, offrir une " interactivité
" de plus en
plus recherchée par les clients. Par conséquent, étant donné
qu’ils
n’ont jamais été jusqu’à présent complètement rentabilisés,
leurs
artisans, les " câblo-opérateurs ", souhaitent
profiter de l’ouverture
à la concurrence dans le domaine de la téléphonie prévue pour
1998,
pour pouvoir, sur leurs câbles, offrir également le téléphone
à leurs
abonnés. Ils se lancent dans la diversification.
L’avenir des télécommunications apparaît donc pour l’instant,
un peu
brouillé : l’imbrication de multiples techniques, filaires,
mobiles,
de multiples acteurs avec des opérateurs traditionnels de
télécommunications mais opérant sur le monde entier et
également de
nouveaux opérateurs (réseaux privatifs EDF, SNCF, banques,
vidéocoms,
informatique...), favorisera-t’elle un monde des
télécommunications
totalement hybride, ou au contraire, pour sa survie,
génèrera-t’elle
une certaine unicité à l’image des principes de base du RNIS
pour le
fixe ou de l’UMTS (Universal Mobile Telecommunication System)
pour le
mobile ?
A l’heure où les frontières entre les télécommunications,
l’informatique, l’audiovisuel tendent à s’estomper, quelle est
la
viabilité de la distinction téléphone mobile/téléphone fixe
?
Pascale Cochet
CSDPTT Lyon.